New-York ou Palladium ?
le 10 mars 08 par Moliv
Lorsqu’on décide, un beau matin ensoleillé, de se mettre à la salsa, comme ça just for fun en suivant une impulsion irraisonnée doublée d’une irrépressible envie de remuer son popotin, on atterrit en général dans le premier cours venu, guidé par un instinct approximatif ou par un ami déjà contaminé.
Survient alors, tôt ou tard, la douloureuse question du choix que j’ai déjà abordée précédemment : cubaine ou porto ?
On croit alors avoir fait le tour de la question. Jusqu’à entendre parler de ce mystérieux « break On 2 », résonnant comme le Saint Graal que tout salsero rêve d’apprivoiser un jour.
Bon ben on va un peu démystifier tout ça hein…
Je laisserai pour le moment la délicate question d’écoute musicale de côté, pour mieux y revenir dans un prochain article, tant ce point est primordial. Je me limiterai ici à la simple différenciation technique entre les 2 styles New-York et Palladium.
Comme je l’ai déjà dit, le mot break désigne le temps de la musique sur lequel on change de direction. Dans les 2 cas qui nous intéressent on parle de « break On 2 », le changement de direction se fait donc rigoureusement de la même façon, sur le temps 2. Les seuls pas qui changent, ce sont… tous les autres.
Partons de la base. Deux pieds, tout bêtes, nonchalamment joints, n’ayant rien demandé à personne. Survient alors un militaire, tout bête lui aussi, entonnant dans son clairon une entraînante marche. Une, deux, une deux… je me souviens plus de la suite des paroles mais ça doit pas varier des masses. Nos deux pieds, toujours aussi bêtes, répondent aussitôt à l’appel du clairon et se mettent à marcher sur place. Une, deux, une deux, etc. On a un transfert de poids à chaque pas, un pied étant en l’air lorsque l’autre est au sol. Et vice-versa.
Recommençons à présent exactement la même chose en partant les 2 pieds décalés, disons le pied gauche devant le pied droit (je sais, ça fait long comme introduction mais comme ça on pourra aller plus vite par la suite). On aura cette fois-ci une succession de transferts avant et arrière, sans pour autant qu’il y ait déplacement.
Tout ça nous amène à la description du pas de mambo sur le 1. Départ pieds joints.
- 1 : pied gauche en avant
- 2 : transfert arrière pied droit
- 3 : pied gauche en arrière rassemblé
- 4 : respiration
Pas la peine de décrire la suite, les rares ayant tenu jusqu’ici connaissent tout ça sur le bout des doigts de pied.
Lorsqu’on danse le Palladium, on fait un pas de mambo « normal », simplement décalé d’un temps. Aucune difficulté technique, hormis celle de distinguer le temps 2.
- 1 : respiration
- 2 : pied gauche en avant
- 3 : transfert arrière pied droit
- 4 : pied gauche en arrière rassemblé
- 5 : respiration
- 6 : pied droit en arrière
- 7 : transfert avant pied gauche
- 8 : pied droit en avant rassemblé
Pour le New-York Style (ou Eddie Torres Style), les pas vont être sensiblement différents. Les pieds ne seront jamais joints lors du pas de base, la respiration s’effectuant après un transfert arrière ou avant.
- 1 : pied droit en avant
- 2 : pied gauche en avant
- 3 : transfert arrière pied droit
- 4 : respiration
- 5 : pied gauche en arrière (derrière le pied droit)
- 6 : pied droit en arrière
- 7 : transfert avant pied gauche
- 8 : respiration
L’une des caractéristiques essentielles de ce style est de donner l’impression d’être toujours en mouvement, les respirations étant en général utilisées pour amorcer le déplacement du temps suivant. On remarque en outre les successions « avant, avant » des temps 1 et 2, et « arrière, arrière » des temps 5 et 6, permettant une amplitude de mouvement plus importante. Tout cela conduit a un style très fluide et élégant, comme le démontre si bien, entre autres, l’illustre Jhesus Aponte.
J’aimerais pour finir préciser que quelque soit le style de danse choisit, il n’en ressortira jamais que ce que l’on y met. En clair, demandez à Shrek de danser le NY Style, il sera toujours moins élégant que Potté s’adonnant au style casino. Peu importent donc les effets de mode ou les défis techniques, l’important est de se donner les moyens de s’exprimer. Que ce soit en Palladium, Casino, ou Portomartien…
Maxou 10.03.08 à 16:27 - Citer
Bon j’ai tout compris
Pour le NY style, dans certains cours ils se limitent à apprendre (dans un premier temps) à marquer les pas 1et 5 sur place.
Petit lien sympa pour d’autres informations sur le sujet: http://rosowww.epfl.ch/sp/temp/z_html/faq.html#q23
Moliv 10.03.08 à 17:32 - Citer
Maxou a dit :
Le challenge c’était surtout de tout lire !
En tous cas très sympa ton lien.
Dans la même veine il y a aussi SalsaTools qui est extrêmement complet et remarquablement réalisé (voir en particulier la section rythmique qui vaut le détour).
Maxou 10.03.08 à 17:42 - Citer
Tout lu et tout compris !! (ça me rappelle une de mes chansons préférées de Carlos ça :-)) )
Cool pour ton lien, j’y vais de ce pas!
Maxou 10.03.08 à 17:55 - Citer
Il est carrément TOP ton lien! excellent! merci!
Lilou 11.03.08 à 12:16 - Citer
c’est clair que tout ca c’est bien compliqué…d’ailleurs bravo pour l’explication!
perso le NY style ca me fait penser au chacha (de salon), je sais pas pourquoi peut etre parce que la fille commence en avant…
en tout cas c’est plus une gymnastique des jambes et du cerveau au debut…c’est clair que l’ecoute c’est le mieux mais defois je me perds encore en NY alors qu’en palladium j’ai plus de problème…mystère
Maxou 11.03.08 à 13:33 - Citer
oui mais faut dire que le palladium a le même pas de base que ceux utilisés pour danser sur le 1. Pour le NY, le pas est différent et c’est ça qui doit aussi pertuber pas mal de monde au départ.
Lilou 11.03.08 à 17:27 - Citer
oui c’est sur surtout que meme si tu l’as et que tu es super fiere un petit tour et c’est finit t’as plus de reperes…