[GPG] L’élégance du hérisson

le 30 avril 08 par Moliv

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Roman.
Auteur : Muriel Barbery.
Editeur : Gallimard.
Publication : 31/08/2006.

Alors, glop ou pas glop ?

Comme je n’ai sciemment pas prévu de demi-mesure, je vais asséner un sévère pas glop.

Un samedi après-midi, à la Fnac. Je déambule dans les rayons, à la recherche de Mario Kart Wii et du dernier Jack Johnson. Et puis je tombe, par hasard, sur la couverture beige de ce roman dont j’ai vaguement entendu parler. Le titre est accueillant, la quatrième de couverture prometteuse… Je me force à passer outre l’insupportable ruban rouge entourant l’objet de ma convoitise et vantant le « Prix de je ne sais plus trop quel concours littéraire », qui aurait plutôt tendance à me pousser vers des livres un peu moins médiatiquement couronnés, et rentre donc chez moi avec de la lecture fraîche, que j’espère en tous cas rafraîchissante.

L’histoire, c’est celle de Mme Michel, 54 ans, concierge d’un luxueux immeuble parisien. Veuve, laide, et solitaire, elle aime la littérature russe, la peinture hollandaise, et le thé au jasmin. Autodidacte cultivée, elle dissimule une érudition impressionnante derrière le stéréotype d’employée bourrue et bouchée, histoire que la haute société qui sévit dans son immeuble lui foute une paix royale.

L’histoire, c’est aussi celle de Paloma, 12 ans, petite surdouée résidant dans ce même luxueux immeuble parisien. Elle n’aime ni sa famille, ni les adultes, ni la vie. C’est une désespérante lucidité sur la futilité de l’existence qui l’a amenée à programmer son suicide pour le jour de ses 13 ans.

Avouons-le, ça partait plutôt pas trop mal. Hélas, j’avoue honteusement avoir dû m’accrocher pour ne pas lâcher le livre au bout d’une centaine de pages. D’une part à cause de la plume de Muriel Barbery, indéniablement très jolie, mais flirtant trop souvent avec l’élitisme pompeux de tournures alambiquées. Et d’autre part à cause de nos 2 personnages principaux, reflet manifeste des convictions de l’auteur, qui passent leur temps à asséner vérités et jugements de valeur sur les riches, les animaux, et les soutiens-gorge.

La lecture est pourtant globalement agréable ; parfois drôle, parfois sensible, souvent sensée. Mais pourquoi donc s’acharner à délivrer un message péremptoire et prétentieux, où se mêlent une caricature méprisante de la classe bourgeoise, des digressions philosophiques plus ou moins intéressantes, et une apologie inconditionnelle de la culture nippone ? Il en résulte un profond sentiment d’agacement et d’antipathie envers Mme Michel, envers la petite Paloma, et surtout envers la main leur prêtant ces propos qui oscillent entre le subtil et l’insupportable.

L’arrivée dans l’immeuble d’un nouveau venu, un milliardaire japonais (évidemment), va fort heureusement faire souffler un vent de finesse bienvenu, qui me portera tranquillement jusqu’à la fin du récit. Mais sans réussir à faire disparaître le pénible sentiment de lourdeur qui aura fait pencher L’élégance du hérisson du mauvais côté de la balance des glops.

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1 commentaire pour cet article

  1. Titi

    Ben déjà que si t’avais dit glop, je l’aurai pas lu alors là… même si c’est pas un vrai super pas glop, ben ya aucune chance. ;o))

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