[GPG] Jazz Maynard, T.1&2
le 23 mai 08 par Moliv
Bande dessinée.
Scenario : Raule.
Dessin et couleurs : Roger Ibañez.
Editeur : Dargaud.
Genre : Polar.
Couverture T.1. Couverture T.2. Planche.
Alors, glop ou pas glop ?
Ça commence à devenir inquiétant, là. 2 lectures sur les conseils de Jim, et 2 coups de cœur ! Soit c’est réellement l’âge qui fait des siennes, soit notre ami a enfin ciblé mes goûts. Toujours est-il que c’est avec plaisir que j’abonde une fois de plus en son sens : Jazz Maynard, c’est que du bon !
Jazz, c’est un type comme tout le monde. Enfin, presque comme tout le monde. Déjà, il a un prénom improbable, qui a néanmoins le mérite d’afficher clairement son penchant pour Miles et consorts. Ensuite, il est particulièrement doué pour se fourrer dans des situations rendant son espérance de vie quelque peu aléatoire.
L’histoire se déroule à Barcelone, de nos jours. Notre ami vient de retrouver son doux foyer natal, après avoir écumé 10 années durant les salles de concert new-yorkaises. Enfin, pour ce qui est du doux foyer, il va devoir patienter un peu, à en juger par l’attention toute particulière que d’imposants colosses guère avenants semblent lui porter. Car c’est en le ligotant à une chaise dans une pièce sordide que ses inquiétants hôtes ont choisi de lui souhaiter la bienvenue. Et lui faire ainsi comprendre que son avenir était pour le moins incertain…
Alors bien sûr, côté originalité du scénario, on repassera. On a droit ici à un polar tout ce qu’il y a de plus classique, avec ses gangs mafieux, ses flingues, et ses jolies filles. Mais on se retrouve ferrés dès les premières pages, grâce à un rythme narratif diablement efficace, et des personnages au caractère bien trempé.
Il faut dire aussi que l’atmosphère du récit doit beaucoup au dessin d’Ibañez. Un trait fluide et incisif, avec une énergie de mouvement rappelant Cyril Pedrosa. Une belle maîtrise du contraste et de la lumière. Et surtout, une mise en couleur magnifique, flirtant avec la bichromie, à la palette mêlant habilement tons ternes et percutants.
Au final, on obtient une série certes peu originale, mais au caractère certain, dans laquelle on plongera toujours avec plaisir. Un peu comme on se laisse emporter par le swing d’une chanson que l’on connaît pourtant par cœur.