La discrétion du 2
le 30 mai 08 par Moliv
Allez, avouez, vous aviez deviné qu’après le 1 je m’attaquerais au 2, pas vrai ?
D’ailleurs ça faisait bien longtemps que je n’en avais pas parlé, de ce mystérieux temps qui semble prendre un malin plaisir à se dérober à nos oreilles, alors que la crème des danseuses et des danseurs ne jure plus que par lui, le maîtrisant avec une facilité assez désespérante.
Bon ben j’ai une bonne nouvelle. Non, deux bonnes nouvelles, en fait.
La première, c’est que danser sur le 2 n’est en aucun cas un gage de valeur. D’excellents danseurs se cantonnent au 1 ; tout n’est qu’une question de choix. La seconde, c’est que ce qui apparaît souvent comme un sommet inaccessible n’est finalement qu’une simple gymnastique auditive. Tout comme on ne voit que ce que l’on est préparé à voir, on n’entend que ce que l’on est préparé à entendre. Suffit donc de s’y préparer. Too easy.
Alors déjà, je n’aborderai pas ici le côté « danse on 2 ». J’en ai déjà parlé précédemment, et si les pas sont effectivement importants, la clef du 2 réside véritablement dans l’écoute musicale. Si vous ne l’entendez pas, jamais vous ne pourrez le danser.
Ensuite je me contenterai simplement de survoler le sujet, afin d’essayer d’éclaircir certains points. Pour ceux qui voudraient davantage entrer dans les détails, je ne saurais trop conseiller l’excellent site Salsatools et surtout sa section rythmique exemplaire.
Nous avons vu que le 1 était le temps le plus marqué dans l’environnement musical populaire. Ceci dit c’est loin d’être le cas pour tous les types de musique. Prenons par exemple un bon vieux reggae :
La rythmique de la guitare (ou du piano) est l’élément qui ressort le plus précisément, même si elle ne marque pas les temps forts. Il paraîtra donc naturel de se laisser porter par cette rythmique en battant la mesure avec le pied, non pas sur les temps, mais sur les contretemps (les « et » dans : un et deux et trois et quatre).
Maintenant écoutons quelques mesures de conga :
On retrouve ici un claqué sur le 2, et donc une forte invitation à marquer ce temps. Alors forcément, noyé dans une musique aussi riche que la salsa, il peut très facilement devenir transparent. Mais si l’on commence à y prêter une oreille un peu plus attentive, on constatera rapidement combien le 2 est présent dans certaines chansons :
Ça ne veut pas dire que le 2 va prendre la place du 1 en tant que début de phrase musicale. Mais simplement qu’il va être le plus fort rythmiquement, car accentué par un ou plusieurs instruments de percussions. On continuera à ressentir le 1 comme point de départ d’un phrasé mélodique, mais on sera porté par l’énergie rythmique du 2. C’est pour cela qu’on dit que danser sur le 1, c’est danser sur la mélodie, et danser sur le 2, c’est danser sur la rythmique. Tout est question d’écoute, et d’interprétation.
Donc si la majorité des danseurs de salsa new-yorkais dansent on 2, c’est pas pour se la raconter grave, c’est uniquement parce les chansons qu’ils écoutent, dominées par les percussions, les incitent à le faire. A chacun son ressenti, et sa façon de l’exprimer.
Emmanuelle 03.06.08 à 18:10 - Citer
heu… vouep, rien à rajouter tu en connais plus que moi ! lol
Perso je dois avouer que la vraie différence je l’ai senti quand j’ai été obligé (oui messieurs, obligé !!!) de danser sur le 2 et ce au festival de Monaco ! Une vraie galère ! Et je me disais “mais il est pas sur les temps lui, mais qu’est-ce qu’il me fait ? “… et puis… “bon, laisse faire, écoute le guidage et pas la musique… tant pis… “… et puis petit à petit… “mais c’est qu’il danserait pas sur le 2 ce zozo???.. mais oui, il danse sur le 2 !! mais je sais pas moi !!! “… sauf que je le faisais déjà lol, avec difficulté mais quand même ! Et du coup, depuis ce soir là, après des dizaines de salsa sur le 2, ben… en fait.. je l’entends et j’aime bien ! même si c’est pas forcément toujours évident ! par contre, changer du 1 au 2 et du 2 au 1 sans arrêt dans la même danse… ça c’est agaçant ! en tout cas quand on débute! mais finalement je devrais peut-être lui dire merci à ce monsieur qui s’amusait à changer parce que c’est peut-être finalement grâce à lui que j’ai compris ! Alors merci monsieur du festival ! lol
Moliv 04.06.08 à 8:31 - Citer
Euh, t’es sûre qu’il faisait exprès de changer de temps ? Nan parce qu’autant ça peut se comprendre si il y a de nettes différences de phrases musicales et rythmiques permettant des transitions à peu près cohérentes, autant ça sent le problème de pas si les changements étaient totalement aléatoires.
C’est pas vraiment conseillé de changer de temps comme ça pouf au beau milieu d’une mesure, je vois mal comment la danseuse pourrait suivre sans piétiner. Ou alors c’est exprès pour la taquiner. Mais tout le monde sait que les danseurs taquins sont très très rares…
Titi 04.06.08 à 15:07 - Citer
Ben moi aussi, j’ai eu un petit déclic (tout petit) après le festival de Monaco. J’ai commencé a entendre le 2 sur certaines chanson a force d’écouter un des CD de SuperMario (ils sont retenus en otage je ne sais plus ou d’ailleurs
lol)
Par contre, c’est encore loin d’être évident pour moi et je l’entend pas sur toute les chansons (remarque, c’est un peu normal). En plus, ca m’a pas vraiment aidé. Ca a plutot semé le trouble en moi puisque parfois, je sais plus sur quoi danser. Ben oui, je me dis, youpi, j’entends le 2, aller, je me lance en “palladium” et zou quelque instants plus tard, ben les instruments qui jouent changent (eux ou leur partition) et pouf le 2 a disparu a mes oreilles (je me sens un peu bête du coup. Et zou, un peu plus tard, il revient. Grrrr, je vais lui faire sa fête a celui-là!!!!! LOL. (Euu parfois, ca m’arrive dans l’autre sens. Je commence sur le 1 et soudain ce satané se pointe et je suis a nouveau perdu)
Vivement que je maitrise mes oreilles (ou que le début de progrés que j’ai fait sur l’écoute disparaisse ^^)
Lilou 06.06.08 à 12:15 - Citer
c’est pas toi qui a dansé avec manue par hazard??? lol
Titi 06.06.08 à 15:48 - Citer
LOL. J’y ai pensé en la lisant. LOL
Emmanuelle 09.06.08 à 11:51 - Citer
lol !! non c’était pas Titi ! C’était un monsieur qui maîtrisait bien la chose et qui s’est amusé à me faire des clins d’oeil et regarder ma réaction à chaque fois qu’il changeait… c’était du harcèlement spychologik pour moué pauv’ danseuse… mais contente de voir que ça peut l’être aussi pour les danseurs au début alors ! Pardon Titi… !