Qui a le droit ?

le 01 août 08 par Moliv

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Je vais finir par résilier tous mes flux RSS Actu, moi, tant les brèves me parvenant semblent se disputer la palme de la nouvelle la plus déprimante. Manquerait plus qu’il passe du Vincent Delerm à la radio, et c’est la corde assurée !

Non sérieusement, je ne sais pas si c’est la période estivale qui veut ça, mais j’ai l’impression actuellement de ne lire que des nouvelles particulièrement désespérantes. Je ne parle même pas des terrifiantes, mais habituelles histoires de meurtre, de fusillade, ou d’infanticide, non. Je parle des mentalités humaines, apparemment bien décidées à atteindre les insondables tréfonds de l’indignité.

Heureusement qu’on nous apprend que les photos des bébés Jolie-Pitt valent 15 millions de dollars, ça remonte nettement le niveau (sic) !

Alors vous allez sûrement dire que je passe mon temps à râler – ce qui n’est pas faux –, mais il y a vraiment des trucs qui me font bondir. Je vais encore parler droit, c’est pas que la loi me passionne, mais elle semble faire bon ménage avec l’ignominie.

Prenons par exemple cette adorable histoire de bon voisinage. Un couple de retraités, n’ayant manifestement rien de mieux à faire, s’est amusé à porter plainte contre leurs voisins, qui avaient aménagé leur garage en chambre pour y accueillir leur fillette polyhandicapée de 9 ans. Je passe sur les détails juridiques (remarquablement éclairés par Maître Eolas, pour ceux que ça intéresse), l’issue est encore incertaine, et l’histoire ne mérite d’être mentionnée que pour souligner, si c’était encore nécessaire, que certains vivent exclusivement pour emmerder le monde, si vous me passez l’expression.

Sinon il y a aussi le cas de ce très respectable maire de Charvieu-Chavagneux (déjà, ça part mal), qui a tout simplement exercé son droit de préemption. Alors le droit de préemption, c’est ce truc qu’on m’a bien expliqué lorsque j’ai acheté mon appart, et qui consiste à laisser la possibilité à la mairie de se porter acquéreur du bien que l’on convoite, pour répondre à un intérêt général. En clair, la ville peut acheter cette charmante maisonnette à votre place, histoire de la raser pour y construire un rond-point ou un parking public.

Jusqu’ici, rien de bien grave.

Sauf que d’après le tribunal correctionnel de Vienne, le maire n’a pas exercé son droit dans le but de fournir, comme il le prétendait, « un local adapté à la vie sociale du quartier ». Il a uniquement voulu empêcher le couple acquéreur, en raison de son impardonnable et rédhibitoire origine maghrébine, de faire partie de sa joyeuse communauté.

Et le pire, c’est que la Cour de cassation lui a donné raison, considérant qu’il avait exercé un droit, et non pas un refus. D’où l’absence de discrimination. Comme quoi en plus d’avoir les yeux bandés, la Justice a sûrement le nez bouché. Avec tous ces mecs puants qu’elle épargne…

Bon, promis, la prochaine fois je parle des aventures de Oui-Oui et Mickey au pays de Winnie l’Ourson.

Illustration unsung_song.

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