Dresse ton corps

le 23 septembre 08 par Moliv

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Je sais que je vais passer pour le vieux radoteur de service, mais j’aimerais profiter de ces 5 minutes d’accalmie dans mon insupportable emploi du temps de ministre pour revenir une nouvelle fois sur l’extrême et cruciale importance de ce que toute danseuse et tout danseur rêve d’assimiler en un milliardième de seconde : les bases techniques.

Alors j’en ai déjà parlé à peu près 1452 fois, du cauchemar du débutant masculin à l’interminable ascension des niveaux, en passant par l’irrésistible envie de brûler les étapes ; mais cette fois-ci je voudrais surtout aborder le pourquoi du comment.

Prenons un joueur de guitare, par exemple. Par quel miracle les doigts de ce type parviennent-ils donc à trouver instantanément leur place sur les cordes de son instrument, alors que le commun des mortels passe environ 46 minutes à positionner un index et un majeur pour faire sonner un accord aussi harmonieux que le rire de Thierry Roland ?

Tout simplement parce que son corps l’a appris.

Mécaniquement, aucune aptitude ne distingue vraiment le guitariste débutant du confirmé. Seul un apprentissage répétitif aura permis au second de finir par bouger ses doigts de manière instinctive.

Et c’est la même histoire depuis que l’on est en âge de dompter notre corps. Qui pense encore comment mettre un pied devant l’autre ? On marche évidemment de façon automatique, alors que c’est au prix d’une longue lutte contre l’équilibre et la gravité que nous sommes passés du stade de schmurtz rampant à celui de fier bipède gambadant. Idem pour tenir un couteau, écrire, ou encore jongler avec un effaceur histoire de frimer devant les jolies étudiantes.

Il n’est donc nullement surprenant que la danse soit elle aussi soumise à cette règle impitoyable. Tout le monde, à ses débuts, a été contraint d’apprendre à ses pieds à bouger de façon non aléatoire. Tout le monde. Que ce soit scolairement, à travers des cours, ou culturellement, en baignant dans un environnement propice à l’expression corporelle. Les facilités varient évidemment selon les individus, mais personne ne s’est jamais levé un matin en se découvrant roi de la piste.

Donc s’il y a une chose qu’il est bon de se dire lorsqu’on débute et que l’on voit des couples confirmés évoluer avec une aisance quelque peu désespérante, c’est tout simplement : « cool, dans quelques temps moi aussi, je pourrai faire pareil ! ».

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2 commentaires pour cet article

  1. Gigot & Gousse D'Ail

    Gigot :
    Bon ok, je commence à accepter le fait que la danse n’est pas innée et même si chaque matin je me réveille en me disant, ce soir c’est Mon soir, ce sera moi la reine du dancefloor… chaque soirée le même scénario dit de “Pierrette Richard” se reproduit, soit j’écrase malencontreusement le pied qui traine (de mon partenaire ou autre c’est au choix), soit je me pause 10 000 questions existentielles type : mon bras il est bien là (pas trop spaghetti, pas trop en l’air, voir pas trop inexistant…), je suis bien en rythme là ? Ah et la fameuse question, il a l’air de s’ennuyer le monsieur là qui danse avec moi et pourquoi il n’arrête pas de compter ? 1, 2, 3 et 5, 6, 7…. Bref dur dur d’être débutante et forcément de s’amuser pleinement dans ces conditions. Alors je lis tes conseils (les 5 défauts féminins… on y reviendra ultérieurement d’ailleurs) et malgré tout je ne trouve pas la réponse à La question : pourquoi il est si compliqué d’inviter à danser un homme d’un meilleur niveau que le mien, ce qui en soit me fera progresser mais peut aussi être très gênant si je fais une boulette ?
    Moi aussi j’ai mon côté procrastinatrice (cf l’article sur les défauts masculins) donc au début je me disais dès que j’aurais le niveau je me lance, j’invite Titi ou Moliv… Sauf que voilà, ça fait 6 mois que j’apprends, et même si je commence à y arriver (ou en tout cas j’ai l’air moins coincé qu’au début) et bien voilà, le blocage d’inviter un mec est toujours là. Alors comment qu’on fait ?

    Gousse D’Ail :
    Tu as de la chance Gigot d’avoir tenue jusque là…
    Au bout de mon 3ème cours j’ai failli capituler ! Bouffées de chaleur, stress, transpiration…ouh la la que se passe t il ???
    Manque de confiance en soi, peur du jugement, gaffes à répétitions, en effet, dur dur de prendre du plaisir au début MAIS …j’y crois encooooooreeuuuhhh (désolé les cours de chant n’ont pas commencé ! Re-désolé pour les références musicales douteuses)
    Allez on arrête ya plus de place … A Vendredi ;-)

  2. Moliv

    Bien le bonjour, très chers amis culinaires.

    Alors Gigot (ça fait quand même drôle de s’adresser à un morceau de viande), ce que je vais dire ne va absolument pas te rassurer, mais malheureusement tes multiples et incessantes questions existentielles ne sont pas prêtes de s’arrêter. Au mieux s’atténueront-elles avec le temps. Car les réticences à inviter et autres interrogations angoissantes proviennent davantage de la personnalité que du niveau. Certains débutants n’ont absolument aucun complexe à inviter et tenter des figures compliquées, alors qu’il y a des avancés qui en sont encore à redouter les bâillements de leur danseuse !

    Ceci dit ce n’est pas une tare, c’est plutôt tout à ton honneur car cela traduit une écoute de l’autre, mais fais gaffe à ne pas tomber dans l’excès auto-flagellant. Et s’il y a bien un conseil à suivre, c’est d’inviter ! Si tu as peur de te lancer, essaie de repérer les cibles qui ont l’air avenant. Beaucoup de danseurs ne refuseront jamais une danse sauf cas exceptionnel ; Titi et moi en faisons partie, donc tu peux venir les yeux fermés (fais quand même gaffe au canari, il est encore diminué physiquement, faut en prendre soin).

    Et pour rebondir sur ce que disait le condiment chasseur de vampires, les débuts sont toujours particulièrement difficiles. Premiers cours, premières danses, premières gaffes ; mais aussi premières satisfactions, premiers fous rires, premiers échanges. Bref c’est effectivement loin d’être facile, mais ça vaut quand même le coup…

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