
J’ai découvert le travail de Phillip Toledano il y a quelques temps déjà, au cours d’une de mes nombreuses pérégrinations webesques. J’étais en train de surfer nonchalamment, offrant à mes yeux guère concernés leur dose d’information virtuelle quotidienne, lorsque je reçus, sans même avoir eu droit aux sommations d’usage, un splendide coup de poing en pleine tronche.
Je venais d’atterrir sur le site Days with My Father.
Son auteur, Phillip Toledano, est photographe. Un parmi tant d’autres. Mais sûrement pas comme tous les autres. Sa mère est morte il y a un peu plus de 2 ans, et son père est malade. A 98 ans, il n’a plus aucune mémoire à court terme.
Days with My Father est un journal. Au travers de clichés magnifiques, souvent secondés par de courtes lignes explicatives d’une sobriété remarquable, Phillip nous propose de partager quelques instants avec ce père dont la déficience rend le quotidien particulièrement difficile.
Outre la qualité technique des clichés, dont la simplicité de la composition frise l’excellence, au même titre que la gestion de la lumière et la subtilité de la chromie dont je suis définitivement fan, ces images valent surtout par leur extrême sensibilité. Le regard simple et sincère d’un fils envers son père, sans larmoiement ni mélodrame, ce qui dans mon cas est le meilleur moyen pour ouvrir les vannes émotionnelles.
De belles images, racontant une histoire, ça c’est la photo que j’aime.











