L’impitoyable loi de la gravitation
le 04 novembre 08 par Moliv
S’il est bien une loi à laquelle il est difficile d’échapper, à moins de s’appeler Calogero et se retrouver dans un ascenseur, c’est celle de la gravitation. Cette satané loi qui, contrairement à la croyance populaire, ne suit absolument aucune règle physique parfaitement définie, tant elle peut se montrer tantôt clémente, tantôt écrasante, envers nos pauvres petites paupières n’ayant jamais demandé à subir les conséquences de nos excès nocturnes.
N’empêche que, s’il y a bien une chose de sûre, c’est que lorsqu’on lâche un accessoire que plus rien ne retient, il choit. Fût-ce une danseuse.
Mesdemoiselles, on a pourtant dû vous répéter inlassablement ce conseil depuis que vous êtes en âge de vous déplacer autrement qu’en poussette : ne jamais, jamais, mais alors jamais, faire confiance à un homme !
Sauf s’il vous dit… Euh, non, vraiment jamais, en fait.
Ainsi, que croyez-vous qu’il puisse advenir lorsque, merveilleusement transportée par la musique et pressentant, à juste titre, un somptueux break que la montée crescendo des cuivres annonce depuis 1/2 h déjà, vous vous jetez, dans un élan dramatique et langoureux, de tout votre poids – certes totalement dérisoire mais tout de même – dans les bras puissants et protecteurs de votre partenaire qui, pensiez-vous, ne manquera pas de vous retenir dans une posture renversée à l’esthétisme saisissant ?
Ben vous vous ramassez. Eh oui.
Si le mec est d’un altruisme insensé, ou d’une prétention musculaire démesurée, il essaiera de vous retenir et vous l’entraînerez dans une chute aux allures de prise de catch.
S’il tient à son dos, ou que ses mains, prises par surprise les pauvres, laissent échapper le délicieux accessoire dont elles avaient la charge, vous irez vous écraser seule sur une piste de danse qui trouvera malin d’en rajouter en laissant échapper un tonitruant et humiliant « boum ! » sous l’œil mi-effrayé, mi-amusé de votre partenaire et des couples alentours.
Bon, plus sérieusement, trop de danseuses prennent encore l’initiative d’un renversé qu’elles ne contrôlent pas. Un homme c’est beau, c’est fort, c’est musclé, mais ça reste soumis aux impitoyables lois physiques. Si vous déplacez trop son centre de gravité, il aura bien du mal à lutter contre Newton.
En théorie, le guidage n’est qu’informatif. L’homme propose, la femme dispose. L’impulsion d’un renversé n’a pas besoin d’être d’une amplitude exagérée, une simple rotation du torse et une invitation à basculer doivent suffire. A la danseuse d’y répondre, ou pas. Le déséquilibre ne doit advenir que si c’est le danseur qui en prend l’initiative ; il est alors conscient de ce qu’il fait, a préparé ses appuis, gainé ses abdos d’acier, et fait 45 pompes avant le début de la danse pour s’échauffer.
Donc mesdemoiselles, si jamais vous voulez marquer un magnifique break tout en sentant que votre partenaire n’est guère motivé, assurez-vous de pouvoir tenir toute seule quelle que soit votre posture, ça vous évitera quelques désagréables moments de solitude.
Bizzz 19.11.08 à 19:56 - Citer
Non les demoiselles si élégamment citées ci-dessus ne sont pas nécessairement des hippopotames invertébrées voire décérébrées !
C’est pour rendre service ! Entendre l’homme fort, qui vient d’éviter à sa délicate partenaire un déshonorante chute, dire « je viens de te sauver la vie ». Lui donner l’occasion de prouver l’excellent fonctionnement de sa musculature surpuissante bien que quelques fois à peine visible…
C’est par abnégation que nous défions cette saleté de loi de la gravité.
Cela dit les 45 pompes, ça pourrait mettre une touche savoureuse et surréaliste à un début de soirée Salsa !
Moliv 21.11.08 à 18:09 - Citer
Tiens, j’avais pas vu ça comme ça. C’est beau, cette périlleuse mise en danger dont l’unique but est de flatter l’égo masculin, souvent bien plus impressionnant que ses pectoraux d’ailleurs.
Ça frise la perfidie tout de même, je ne vous félicite pas mesdemoiselles.
Bises, Bizzz…