[PLUIES] Imbibé
le 25 mars 09 par Moliv
(Rappel sur le « Petit Lexique à l’Usage des Imprudents Explorateurs Salsazoniens »)
IMBIBÉ, -ÉE adj. Participe passé d’imbiber. Emprunté du latin imbibere, « boire, absorber ».
Se dit d’une personne fortement imprégnée d’un liquide à haute teneur en alcool. Il est imbibé comme une éponge, il est ivre.
Bien qu’appartenant à une frange relativement restreinte de la population salsazonienne, l’imbibé sait se montrer particulièrement envahissant lorsqu’il est de sortie. Très aisément reconnaissable à sa démarche chaloupée se riant des lois de la gravité, il est néanmoins particulièrement difficile à suivre à la trace, son itinéraire étant d’une imprévisibilité totale – même pour lui. Semblant perpétuellement surpris par les mouvements aléatoires de ses jambes manifestement dotées d’une conscience propre, il n’est pas rare de le voir solliciter le concours d’un mur salvateur – ou d’une épaule plus ou moins compréhensive – afin d’éviter le déshonneur d’une chute écrasante.
Chassant seul ou en meute, l’imbibé est aussi dangereux pour sa cible que pour son entourage. Choisissant sa victime avec un soin inversement proportionnel à son taux d’alcoolémie sanguine, il sait en général trouver les mots justes pour initier sa parade nuptiale : « Hé vazy, tu viens danser avec moi ? ». L’opiniâtreté n’étant pas la moindre de ses qualités, un éventuel refus de la part de sa proie ne fera que l’inciter à renouveler son offre, bien plus subtilement cette fois : « A… allez, fais pas ta pé… pétasse, gn’y a tout l’monde gni danse, là ! ».
S’ensuit alors une interminable joute verbale, toujours d’une élégance inégalable, ponctuée de quelques tentatives d’approches corporelles tout à fait innocentes, qui ne trouvera un terme qu’avec la capitulation de l’imbibé, rabroué fermement soit par sa victime ayant pris conscience que les lettres p et e formaient les limites du mot patience, soit par une tierce personne compréhensive ayant laissé à l’extérieur son fidèle destrier blanc mais point son esprit chevaleresque.
L’imbibé n’en abandonnera pas pour autant sa parade nuptiale, qu’il entamera seul au beau milieu de la piste, un verre à la main, guère concerné par les délicates bousculades et autres coups et blessures portés aux couples alentours, ni même par le contenu de son verre répandu au sol à grands renforts d’éclaboussures rafraîchissantes.
Il finira ainsi invariablement au comptoir, sa tanière favorite, maugréant contre les déplorables manières de ces poufiasses et de tous ces ab… abrutis non m… mais pour qui gny s’prennent sans déconner ces prégnentieux téprentieux prépren… ces trouducs patron la même chose siouplé !
claudia 26.03.09 à 0:25 - Citer
quand on lit cet article on se demande si tu as dejà vecu la situation ou si tu ne fais que décrire ce que tu as sans doute vue des dizaines et dizaines de fois mais tu paraîs vraiment très précis donc … Mais il est quand même très désagréable de se faire souvent traiter de pé… après avoir réfusé le plus cordialement possible une invitation que je qualifirais plutot de “bancale” pour ne pas être plus tranchante dans le seul but d’éviter un accident car il est clair que l’imbibé ne controle pas souvent ses mouvements et un accident est si vite arrivé.. C’est pourquoi messieurs, éviter de penser que toutes les filles qui refusent vos invitations sont forcément des pé… ou encore des pouf… car elles essaient juste d’éviter quelques accidents ou situations génantes aussi bien pour elles certes mais pour vous aussi…
ALI 26.03.09 à 13:02 - Citer
si si je l’ai déjà vu aux soirées de Moliv l’imbibé mais par contre je n’ai pas encore rencontré d’imbibée, ça ne doit pas être tout à fait la même chose
ALI 26.03.09 à 15:25 - Citer
on les reconnait souvent au bruit aussi…celui des verres qui cassent !!
Moliv 27.03.09 à 19:27 - Citer
@Claudia : Il m’est effectivement arrivé quelques fois d’être imbibé plus que de raison (maman, si tu passes par là, tout ceci est faux ; quelqu’un écrit à ma place), mais jamais en soirée salsa. L’alcool n’étant pas le meilleur ami du salsero, il va sans dire que l’imbibé est dans 99 % des cas un non-danseur. Ce qui rend son invitation d’autant moins alléchante.
@Ali : Ah, la douce symphonie des verres brisés… Ceci dit les catastrophes peuvent aussi être le fait de modèles de sobriété quelque peu maladroits, faudra que je pense à faire des stats.
Sinon j’ai bien aimé ton omission de ponctuation, ça laisse le champ libre aux interprétations personnelles : « si si, je l’ai déjà vu aux soirées de Moliv l’imbibé, mais par contre (…) ».
ALI 28.03.09 à 14:24 - Citer
Moliv ? Imbibé ? Quelle idée !
Ah oui ! Peut-être le jour où tu enchaîneras la Pina colada avec le Mojito (c’est bien le nom d’une passe que Julien nous a montré au stage de mars, non ?) dans le même cours