Excuses royales
le 22 avril 09 par Moliv
J’avoue avoir hésité. L’infime pourcentage de mes articles bougons et râleurs frisant allègrement les 99,9 %, j’avais quelques scrupules à me laisser une nouvelle fois aller à la ronchonitude.
Mais là, vraiment, elle exagère.
Elle, c’est Ségolène Royal. Qui réussit régulièrement l’incroyable tour de force de m’exaspérer à peu près autant que notre cher et tempéré Président pipole. Sa dernière lubie en date : les excuses à répétition.
Il y eut d’abord le pardon africain. Puis vint le pardon espagnol. J’ignore quel sera le prochain, mais gageons qu’avec la verve notoirement mesurée de notre chef d’État favori, l’ex-candidate à la présidentielle aura encore bien des occasions d’exprimer un désaccord outré et repenti.
Vous me direz, elle peut bien s’excuser à longueur de journée, après tout elle fait un peu ce qu’elle veut, d’autant plus que les sujets en question sont à peu près aussi passionnants que le cycle migrateur des flamants bleus écossais unijambistes en période de mousson. Sauf que ses excuses, là, ont été formulées non pas en son nom, mais au nom de la France et des Français.
Extrait de son discours à Dakar (l’emphase est de mon fait) :
Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et – je vous le dis en confidence – qui n’engagent ni la France, ni les Français.
Extrait du communiqué officiel au sujet de sa lettre à Zapatero (l’emphase est toujours de mon fait) :
[Ségolène Royal] a assuré que ces propos n’engageaient ni la France, ni les Français.
(oui, ses assistants ont récemment découvert les joies du copier-coller)
Alors je ne sais pas vous, mais personnellement ça me fait un peu mal au derrière qu’une présidente régionale se trouve davantage de légitimité, pour s’exprimer en mon nom, que le grand chef de la dictature démocratie française. D’autant plus que ces contritions solennelles sonnent bien moins comme des regrets sincères que comme des attaques personnelles à l’encontre de son meilleur ennemi, dans l’unique but de revenir sur le devant de la scène, sinon politique, tout au moins médiatique.
Je trouve ça particulièrement mesquin et agaçant.
Et c’est pas comme si j’aimais râler…
Photo Audrey Cerdan/Rue89.