Slow Down, Baby!

le 04 mai 09 par Moliv

formula_one_sakhir.jpg

Je suis un tortionnaire. Quiconque ayant déjà pris ne serait-ce qu’un cours avec moi pourrait témoigner de mes insidieuses et sournoises pulsions tyranniques, allant de l’intransigeante croisade anti-essuie-glace, à la vocifération péremptoire du pas de base.

Le pire, c’est qu’à ces insupportables et innombrables destriers de bataille vient s’ajouter une détestable propension à la torture psychologique. Si. Le repentir me guette parfois, mais je l’ignore courageusement. Car si ma conscience survit à ce penchant sadique, c’est uniquement grâce à l’intime conviction de son bien-fondé – ce qui est un peu facile, je vous le concède.

Toujours est-il que l’une de mes tortures favorites – qui se révèle également être l’une des plus redoutées – est de faire danser mes élèves sur une musique lente. Voire très lente, si vraiment je me trouve dans une période de sadisme absolu et que j’ai eu une sale journée. Ce qui n’arrive bien évidemment jamais.

Pourquoi cette torture est-elle donc redoutable ?

Tout simplement parce qu’elle ne laisse que très difficilement la place à une quelconque approximation pédestre. En clair, bouffer ses pas – et ses respirations – devient à peu près aussi discret que se balader en combinaison de ski sur une plage nudiste.

Pourquoi cette torture est-elle donc indispensable ?

Exactement pour les mêmes raisons. Il est très facile de piétiner sur un tempo rapide, tout en restant plus ou moins synchronisé avec la musique et son/sa partenaire. Le problème est que du coup, on prend très vite l’habitude de ne plus prêter la moindre attention au timing ou à ses pas.

Sur une chanson lente, par contre, on est contraint de prendre le temps de bien marquer chaque temps, de ressentir le guidage (d’un côté, comme de l’autre), et d’écouter la musique en redoublant de vigilance. Ce qui, bien que traumatisant, est terriblement formateur.

Et je ne dis pas du tout ça parce que du coup on a nettement plus de temps pour se noyer dans les yeux de sa danseuse, pensez donc !

Photo GUILLAUME BAPTISTE/AFP/Getty Images via The Big Picture.

Cet article n'a aucun commentaire... mais vous pouvez être le premier.

Ajouter un commentaire