The Bernie’s Show
le 08 juillet 09 par Moliv
La Formule 1, pour moi, c’est un peu comme le Tour de France : surfait, soporifique, et inutile. En un mot, désespérement chiant (oui, je sais, ça en fait 2).
Fort heureusement, cette puissante fédération automobile a su placer à sa tête de courageuses et distrayantes personnalités, toujours prêtes à divertir un public qu’elles savent friand de dérapages incontrôlés et autres carambolages médiatiques.
Il y eut d’abord cette exquise affaire d’orgie nazie sado-masochiste impliquant Max Mosley, alors président de la FIA, qui avait si généreusement dévoilé à la presse britannique son inclination pour les soirées déguisées, la douce langue de Nietzsche, et les demoiselles fort peu sages. Tout ça dans le seul but d’égayer le morne quotidien des adorateurs de bolides tournant en rond. C’est beau.
Hé bien cette fois-ci, c’est au tour de Bernie Ecclestone, le « grand argentier » du sport automobile, de se fendre d’un petit one-man-show diablement hilarant. Au menu : la noblesse du leadership, la vacuité de la démocratie, et l’idole de toute une génération.
Morceaux choisis :
« C’est terrible à dire je suppose, mais à part le fait qu’Hitler s’est laissé emporter et persuader de faire des choses dont j’ignore s’il voulait les faire ou pas, il était en position de commander beaucoup de gens et d’être efficace ». Ah ça, c’est sûr que côté efficacité, on fait difficilement mieux qu’un génocide.
« A la fin il s’est perdu, donc il n’était pas un très bon dictateur ». Une carrière si prometteuse, c’est ballot, tout de même…
« Si vous observez la démocratie, elle n’a pas fait beaucoup de bien à beaucoup de pays ». Alors qu’on ne compte plus les nations ayant su prospérer grâce à une bonne vieille dictature.
Bon, depuis, il est un peu revenu sur ce qui n’est qu’un épouvantable malentendu, voyons ! Tout ce qu’il voulait dire, c’est que les exterminations, la guerre, tout ça, bon ok, c’est pas bien, mais pour ce qui est du chômage et de la crise économique, ben il a quand même fait du bon boulot, monsieur Hitler, hein ? Dites. Allez, quoi.
Si on réfléchit bien.
Ou si on est très, très con, plutôt.
(Photo Mark Thompson/Getty Images).