
On ne le répètera jamais assez, la tâche d’un danseur est d’une arduité traumatisante.
Lorsqu’il débute, il est jeune, naïf, insouciant et plein d’espoir. Et alors qu’un horizon radieux de danses et de festivités orgiaques semblait s’offrir à lui, voilà que le malheureux se retrouve, sans trop savoir comment, victime d’un harcèlement moral impitoyable de la part ce celui en qui il avait placé toute sa confiance – ainsi que tous ses deniers, d’ailleurs. Tout ça parce que les bases, parce que les paliers, parce que les essuies-glace, parce que le tempo, et parce qu’Hercule n’était décidément qu’une fillette avec ses 12 malheureux travaux.
Messieurs, nous sommes des héros.
La mauvaise nouvelle, c’est que plus ça va, et moins ça va. Car une fois le cap du débutant soigneux et appliqué franchi, nous nous retrouvons face au plus cruel des dilemmes que l’Homme ait jamais connu depuis la diffusion simultanée de la finale de la Coupe du Monde de foot et d’un reportage exclusif sur les méthodes de sélection des mannequins Aubade : vaut-il mieux privilégier la technique, ou le feeling ?
Comme souvent dans ce genre de cas, il n’y a ni bonne, ni mauvaise réponse. Seulement des choix. Et en ce qui me concerne, ça se situerait plutôt nettement du côté de la seconde proposition.
Surtout si ce sont des mannequins brunes.
J’en ai déjà parlé maintes et maintes fois lors de précédents babillages, mais je le répète avec conviction une fois encore : il est tout à fait naturel, et même extrêmement louable, de chercher à étoffer sans cesse son répertoire de passes. Car comme a dit Confucius – ou peut-être était-ce mon père, je sais plus trop – : Il en va de la danse comme de la vie, mon fils, (euh ouais, c’était mon père, donc) l’écueil de la monotonie, à tout prix tu éviteras !
Le problème, c’est que ce qui ne devrait rester qu’un simple moyen devient pour beaucoup un but en soi. Il n’est pas rare d’observer certains danseurs – excellents au demeurant – mettre à mal leur partenaire en enchaînant sans répit des mouvements d’une complexité à faire pâlir d’envie un tortionnaire féru de nœuds marins. En résulte alors une danse certes techniquement bluffante, mais exempte de tout partage ou ressenti musical. Personnellement, je trouve ça ballot.
Car j’ai pu admirer le week-end dernier à Vic, entre 2 verres de mojito et 3 parties de time’s-up-psychopato-garou, quelques danseurs (et danseuses) au feeling et au bouger exceptionnels, se limitant aux passes les plus basiques, et dégageant un mélange de facilité, de complicité, de musicalité, et de sensualité des plus impressionnants. Rien que des trucs en « té » super durs à assimiler, quoi. Et c’est bien là que le bât blesse.
Car acquérir une expression musicale et corporelle nécessite au moins plusieurs vies pour le commun des mortels – ce qui du coup rend la chose nettement moins attrayante, je vous le concède. On se rabat alors sur la technique pure, que ce soit par confort, par défi, ou par orgueil. Au risque, hélas, de totalement délaisser deux des aspects essentiels de la danse : l’expression et le partage.
Bon, on est d’accord, le feeling, ça se chope pas vraiment en claquant des doigts. C’est difficile, personnel, et terriblement ingrat. Mais commencer à y penser, c’est déjà parcourir la moitié du chemin.
Alors pensons-y…












Je sais pas trop quoi ajouter.
Faudrait un truc un peu comme sur face de bouc « j’aime ». lol
Alors moi je mets:
J’aime. ;o)
Mais comme t’as dit, réalité implacable: c’est bon mais c’est super dur.
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