Terrorisme social

le 25 août 09 par Moliv

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J’éprouve en général un élan de sympathie assez spontané envers tous les Davids s’attaquant à des Goliaths (ce qui, en passant, dénote soit un admirable esprit chevaleresque, soit un gros problème avec l’autorité). Ceci dit, j’ai comme qui dirait l’impression que la mode du terrorisme social est en train de dangereusement se banaliser, pour devenir le seul et unique moyen de revendication de toute personne ayant un truc à dire.

Oubliez donc la grève, protestation poussive et archaïque particulièrement éprouvante pour les pieds et les cordes vocales des manifestants. Oubliez également la séquestration patronale, opération certes jubilatoire mais nécessitant une préparation et une mise en œuvre dignes du GIGN.

Non, aujourd’hui, le must de la protestation sociale, c’est la menace écologique !

Que les choses soient claires. Un plan social, c’est moche, écœurant, et souvent d’une injustice révoltante. Mais pourrir la vie d’une majorité pour se faire entendre d’une minorité est au moins aussi scandaleux. Dernier exemple en date : les employés de l’entreprise de transport Serta, qui menacent de déverser quelques 8000 litres de produits toxiques dans un affluent de la Seine si leurs revendications salariales ne sont pas acceptées.

Je me fous bien de savoir que leurs exigences soient raisonnables ou légitimes. Ces chers alchimistes pétroliers en herbe n’en demeurent pas moins de lamentables preneurs d’otages. Sauf qu’en lieu et place de la jolie blonde pulpeuse au regard inondé de détresse que l’on a l’habitude de croiser dans les films à gros budget et à petit scénario, nous avons ici droit à un bête fleuve tout sale et tout moche qui va avoir bien du mal à faire de l’œil aux éventuelles âmes héroïques.

Bien sûr, ces menaces ne sont sans nulle doute qu’un effet d’annonce destiné à faire réagir les acteurs concernés, comme peut le laisser supposer cette déclaration de Jean-Pierre Villemin, délégué CFDT au dépôt de La Vaupalière :

C’est la seule arme dont on dispose, ces 8.000 litres d’additifs de carburants. Il n’y a pas d’ultimatum, et nous n’en sommes pas encore à mettre la menace à exécution mais nous demandons une aide supra-légale de 15.000 euros par salarié.

Il n’en reste pas moins que ce genre de pratique est puérile, égoïste, et profondément méprisable.

Que je dis parce qu’on est mardi et que j’ai envie de râler.

Contrairement aux autres jours.

Via Libération.fr.
Photo John Moore/Getty Images via The Big Picture.

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