
Avant-hier, une femme est morte. Elle avait 40 ans. Elle était dresseuse au parc aquatique Seaworld d’Orlando.
Son meurtrier se prénomme Tilikum.
C’est un épaulard.
Si les circonstances du drame sont encore confuses, il semble être acquis que la victime, Dawn Brancheau, ait été happée par l’animal, puis traînée violemment dans le bassin devant des dizaines de spectateurs.
C’est affreux. Nous sommes bien d’accord. Mais si je m’apprête ici à perdre toute commune mesure en versant dans un discours à la fois démago et provocateur (si, si, c’est possible), c’est uniquement à cause de mon incorrigible soif de grommelage compulsif que je muselle tout à fait involontairement depuis que ce blog est à l’abandon. C’est-à-dire depuis bien trop longtemps.
Rattrapons-nous donc promptement…
Un animal, ça n’est pas fait pour rester en cage. A fortiori lorsqu’il est sauvage. Et encore plus a fortiori lorsqu’il a été privé de sa liberté par des âmes charitables désireuses de montrer à un public abasourdi combien il est intelligent lorsqu’il agite la nageoire pour dire au revoir.
Car notre serial killer aquatique a été capturé en novembre 1983, alors qu’il flânait nonchalamment du côté de l’Islande, tout désireux de profiter de l’hospitalité légendaire de ses futurs meilleurs amis bipèdes. Au programme : hôtel 4 étoiles avec piscine, vue mer, et coach personnel pour garder la forme. De quoi rendre vertes de jalousie ces pimbêches de baleines !
Non mais franchement, de qui se moque-t-on ? On capture un prédateur pour le cloîtrer dans une baignoire, on lui apprend des numéros de cirque pour épater la galerie et accessoirement rapporter quelques menus deniers, et après on vient s’étonner de le voir manifester sa joie de façon un peu trop expressive ?
Je compatis sincèrement à la douleur des proches de la victime. Et je crois très volontiers que cette dernière ait été guidée durant toute sa carrière par la passion et l’amour des animaux. Mais un épaulard n’est pas un caniche, bordel ! Si on recherche de la complicité attendrissante, on achète un Tamagotchi ! Et si vraiment on désire montrer la magnificence du monde marin au grand public, on fait comme les frères Jacques Perrin et Cluzaud, on prend sa caméra sur son épaule, on part mouiller sa chemise, et on ramène de merveilleuses images au lieu de ramener de merveilleuses espèces !
Je n’aime pas les zoos. Je déteste les cirques animaliers. J’abhorre tout ce qui peut priver un être vivant de sa liberté pour en faire un vulgaire divertissement mercantile.
Alors oui, avant-hier, une femme est morte.
Mais aujourd’hui, comme chaque jour depuis maintenant 26 ans, un épaulard s’est réveillé dans un bocal. Sans se douter que le seul changement auquel il aura bientôt droit sera un tout nouveau meilleur ami bipède.
(Illustration : Julie Fletcher/Orlando Sentinel/AP).












Comme c’est bien dit !!!
+1
Merci Mo pour cet article
Très bel article effectivement, pour lequel je suis en très grande partie d’accord (Brigitte oblige!).
C’est sûr qu’un animal, quelqu’il soit( épaulard ,guépard ou caniche) ne devrait jamais être en cage.
Le seul souci, c’est que pour certaines espèces, si on ne les prive pas de leur liberté pour les protéger, les nourrir et pour qu’ils se reproduisent, le seul souvenir qu’on en aura, ce sera justement de jolis films et de jolies photos.
Quand je vois des manteaux de fourrures sur des vielles peaux( ;o)), absolument nécessaires pour le froid polaire que nous avons sur la côte d’ azur!, j’ai les nerfs…
De même quand je vois des pseudos oeuvres d’art en ivoire, ou des carapaces de tortues en déco, j’ai une nouvelles fois les nerfs!…
La morale de tout ça, c’est qu’on peut faire le pire à notre belle nature, elle reprend toujours le dessus à un moment!
Sinon, quelqu’un avait prévu d’aller à Marineland? ;o)
Je suis tout a fait d’accord sur le contenu de cet article ( qui soit dit en passant est rès bien rédigé) ainsi que sur les différents commentaires..
Toutefois Maitre Moliv , si je peux me permettre ( selon la formule consacrée… ), je ne pense pas que l’épaulard soit le meurtrier….. mais plutot l’arme du crime… au même titre que le pistolet, le fusil…………..
En effet de tous les thrillers que j’ai lu, les films ou les séries télé que j’ai vu, l’inspecteur annonce systématiquement en premier lieu de chercher à qui profite le crime…
Donc si Columbo prend l’enquête il va certainement décourvrir qu’en fait il s’agit d’un crime pationnel….
Le mari de la charmante dresseuse a découvert que sa femme le trompait avec le dresseur des requins et a monté un scénario machiavélique en imbibant la combinaison de la pauvre Dawn d’un produit irritant
Si bien que lorsqu’elle s’est approchée de l’épaulard pour lui faire un calin , ce dernier a senti l’odeur agressive du parfum et a happé la malheureuse victime.. nous connaissons la suite et la fin tragique de cette affaire…
lol
re lol
Nous savons tous que l’être humain est le plus grand prédateur de la planète