
Je serais presque tenté de ne rien relever, tant le parallèle est facile et l’indignation commode. Las, j’ai épuisé mon stock d’œillères médiatiques en ignorant la poignante mise au point de Monsieur Polanski sur ses petites turpitudes extradrices. N’en déplaise à mes viles pulsions fielleuses, on ne frappe pas un homme à terre. Fût-il un goret.
Du coup, me voilà un tout petit peu obligé de sauter sur la première affaire moralement discutable afin d’assouvir mon incorrigible soif de screugneugnage. Au menu donc, le Hors-la-loi contre le Robin des bois, festival de Cannes oblige.
Le Hors-la-loi, c’est bien évidemment Monsieur Charles Pasqua, notre tonton flingueur de l’Intérieur, qui se trimbale des casseroles ministérielles plus nombreuses que la population de l’Angola. Notre homme était jugé le mois dernier pour 3 affaires de malversations financières.
Le Robin des bois, c’est Monsieur Maurice Meyer, ex-chef de bureau de la Poste, cordialement convié devant le juge pour avoir un peu trop joué au Kerviel de la fonction publique durant les 15 années ayant précédé sa retraite. Il doit son surnom à sa ligne de défense, selon laquelle les quelque 1,7 millions d’euros détournés alors auraient servi à renflouer les comptes défaillants de certains de ses clients.
Nos 2 hommes ont donc été jugés. Le premier par la Cour de justice de la République, le second par le tribunal correctionnel de Colmar.
Tous 2 ont été reconnus coupables. Le premier a écopé d’un an avec sursis, le second de 3 ans dont 2 fermes.
Je ne rentrerai pas dans le détail des affaires ni de leur jugement, il y a eu condamnation pour magouilles financières d’un côté comme de l’autre. Le truc, c’est que le pied d’égalité sur lequel ils étaient censés se balancer me paraît un tout petit peu bancal, pour le coup.
Prison ferme pour Robin, sursis pour Fernandel. Monsieur-tout-le-monde derrière les barreaux, Monsieur-l’ancien-ministre libre comme l’air. Si la formule n’était aussi affligeante de platitude, je me laisserais bien aller à dire que la justice n’est décidément pas la même pour tout le monde.
(Illustration : sedatsuna@deviantART)












« Chef, j’ai un excès de vitesse de 5 km/h qui vient d’arriver, c’est combien la sanction ?
– Homme politique en retard ?
– Non, ouvrier musulman en situation irrégulière soupçonné de polygamie emmenant une de ses femmes enceinte sous burka à l’hôpital après avoir fait le plein dans une station BP. Et ils écoutaient du Céline Dion.
– Putain, va encore falloir préparer la chaise électrique… »