
Jeu vidéo.
Support : Playstation 3.
Developpeur : Quantic Dream.
Genre : Aventure.
Date de sortie (Eur) : 24 février 2010.
Jacquette. Image.
Profitons des dernières déclarations de mon ministre préféré pour parler un peu jeu vidéo. C’est vrai, quoi, ce n’est tout de même pas tous les jours qu’un représentant de la nation annonce une série de mesures destinées à faire évoluer cette noble activité du statut d’éleveur d’autistes psychopathes à celui de création artistique et culturelle. Il faudrait vraiment être un esprit chagrin pour n’y voir là qu’un simple effet d’annonce à tendance redorante de blason terni.
Bref, ne boudons pas notre plaisir, et revenons donc sur ce qui était annoncé comme la plus grande révolution vidéo-ludique depuis la création du décolleté polygonal de Lara Croft.
Alors, glop ou pas glop ?
Soyons clair. Ce jeu n’est pas une révolution. Le battage médiatique dont il a fait l’objet prouve certes avec bonheur que l’industrie du jeu vidéo gagne timidement en visibilité, mais il n’en reste pas moins à l’image de tous les coups de com’ : exagéré, partial, et complaisant. Car non seulement Heavy Rain ne présente rien de bien vraiment nouveau, mais il s’offre en outre le luxe de fourmiller de menus défauts particulièrement agaçants. Pour un messie, ça la fout un peu mal.
L’histoire se déroule dans une petite ville de la Côte Est des États-Unis. La population est aux prises avec un insaisissable serial-killer, le « tueur aux origamis », dont les victimes sont invariablement retrouvées noyées quelques jours après leur enlèvement, un origami dans la main et une orchidée sur la poitrine.
Pour l’arrêter, il n’y a que vous. Et quand je dis « vous », c’est bien à la seconde personne du pluriel que je parle, puisque vous ne serez pas moins de 4 personnages à partir ainsi à la chasse aux indices. S’agirait de pas trop traîner, le compte à rebours a déjà commencé…
Première évidence, le jeu est magnifique. Vraiment. La modélisation des personnages, tout comme celle de la ville, est exemplaire. Les textures sont plutôt réussies, les choix de chromie et de lumière excellents, et la mise en scène et les plans quasi-cinématographiques achèvent de nous happer dans une ambiance sombre à souhait.
Niveau gameplay, c’est évidemment assez limité, Heavy Rain tenant davantage du film interactif que du jeu d’aventure à proprement parler. En gros, il s’agit simplement pour le joueur d’appuyer sur un des boutons de la manette dès que l’info apparaît à l’écran. Ça peut paraître simpliste, mais l’immersion n’est pas trop mal rendue grâce à une gestion du timing efficace et une cohérence assez honnête entre les mouvements du personnage et ceux effectués sur le pad.
Le problème, c’est que dès qu’il s’agit de se déplacer, ça se gâte. Car si les angles de caméra fixes contribuent à développer une ambiance cinématographique particulièrement réussie, c’est malheureusement au détriment de la jouabilité. Stick gauche pour orienter son personnage, R2 pour le faire avancer, L1 pour changer d’angle de vue. Sur le papier, c’est peut-être brillant, mais en pratique c’est tout simplement une catastrophe.
Ajoutons à cela quelques bugs d’affichage, un doublage souvent bancal, et une animation faciale limitée au point de rendre les scènes de baisers ridiculement risibles, et l’on obtient une bonne idée de ce que peut donner le pire lorsqu’il cohabite avec le meilleur.
Fort heureusement, les points forts l’emportent indubitablement sur ces défauts de jeunesse. L’intrigue est réellement prenante, l’ambiance magnifiquement réussie, et le plaisir de jeu complet une fois la jouabilité domptée. Pour une fois qu’un studio propose autre chose que des G.I’s se foutant sur la tronche ou des clowns en short courant après un ballon, ce serait vraiment dommage de passer à côté.












Et je dis pas ça parce qu’on peut voir Madison sous la douche dans le plus simple appareil !