
Les quotidiens sont aux anges. Les lecteurs également.
Les seconds n’ont en effet plus à subir le matraquage royal des premiers depuis que le monde entier a les yeux rivés du côté du Pakistan. Car ça y est, c’est officiel depuis dimanche soir, Oussama ben Laden est mort. Ce qui, il faut bien l’avouer, constitue un événement d’une envergure très légèrement supérieure à l’union de nos 2 tourtereaux britanniques préférés.
Pourtant, cette annonce me plonge dans un état des plus particuliers.
Non pas à cause des inévitables théories de complot qui fleurissent sur le sujet, étant déjà persuadé que la version que l’on nous sert est à peu près aussi fidèle que les élucubrations fantaisistes des empêcheurs de tuer en rond.
Non plus par une quelconque idéologie pacifiste. Cet homme était le leader d’un mouvement terroriste responsable de milliers de victimes innocentes. Quelle qu’ait été la légitimité de son combat, je ne vais certainement pas pleurer.
Non, je crois que ce qui me perturbe dans tout ça, c’est la dimension à la fois exceptionnelle et dérisoire de l’événement.
Exceptionnelle, car à l’heure où les révolutions arabes démontrent un désir manifeste d’en finir avec l’oppression en empruntant la voie de la liberté et non celle du fanatisme, cette décapitation d’Al-Qaida prend presque des allures de présage.
Dérisoire, car il faudrait être bien fou pour croire que la mort d’un homme, fût-il un symbole, puisse ne serait-ce qu’ébranler notre détestable propension à vouloir péter la gueule à notre voisin.
Bon. Sinon c’est vrai qu’elle est mimi en fait, Philippa Middleton.
(Illustration : Couverture du Time Magazine à paraître jeudi 5 mai).